Aux nouvelles !
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Aux nouvelles !
Le roi était à l’opéra royal ce soir là. Il écoutait, et charmé par la musique et la mise en scène, il se détendait. Le roi en avait bien besoin, après ce qui venait d’éclabousser le trône le matin même. Les calomnies lancées par le sieur Tutus sur sa soit disant aventure avec la comtesse de Buda, avaient profondément vexées le roi, il ne s’attendait pas, à vrai dire, de la part du rédacteur en chef de L’Impertinent, à une telle attaque. La moitié de ce qu’il y avait sur le papier était faux, le roi n’avait vu qu’une fois la comtesse de Buda, et, s’il était en effet fort tard, c’était parce que ce n’était pas une rencontre des plus officielles… La comtesse raconta au roi les dernières nouvelles de la cour de Maisne, et notamment, les penchants belliqueux du régent. Il semble en effet que la comtesse ait eu le temps, en quittant la cour de dérober quelques papiers de la plus haute importance… Le roi de Morvan en fut intrigué, et décida cette rencontre dans le plus grand secret. Et les papiers ne l’avaient pas déçu !!! C’était toute la stratégie du Maisne en cas de guerre que la comtesse lui avait donné ! Le roi allait d’ailleurs réunir Son conseil de guerre.
Le roi avait décidé, ce soir, de paraitre avec la reine, et de faire comme si cet article n’avait pas été publié. Les courtisans saluaient les monarques, mais le roi entendait leurs chuchotements. Et depuis le balcon royal, le roi voyait les spectateurs penché vers leur voisin afin d’écouter ce qu’il avait à dire sur la « très charmante comtesse de Buda » comme on l’appelait déjà à la cour. Plus que jamais, ici à l’opéra, la cour faisait penser à une ruche, même si, au grand dam du roi, les abeilles de sa ruche n’étaient pas de grandes travailleuses… Toute la famille royale était là : le roi et la reine donc, mais aussi, le victorin, le petit duc d’Auxois, la merveilleuse princesse Armande, monsieur le frère du roi, ainsi que sa femme, et la princesse de Carignac.
La musique commençait enfin à apaiser le roi, lorsqu’un valet survint, il alla droit vers le roi, et lui dit à l’oreille :
- Sire, que Votre Majesté me pardonne d’ainsi La déranger, mais un mousquetaire souhaite La voir.
- Un mousquetaire dites-vous ? le roi paru inquiet. Bien, qu’il entre !
Le mousquetaire entra, et comme le valet, alla droit vers le roi.
- Majesté, je suis au désespoir de vous annoncer que nous n’avons pu arrêter Edgar Tutus…
Le roi ne le laissa pas finir :
- Comment cela ?!? Et pourquoi cela ? ce rendant compte que l’endroit n’était pas propice pour une telle discussion, le roi décida de s’écarter. Venez, sortons !
Une fois le roi levé, la musique se tut, et toute la salle se leva tout en se tournant vers la loge royale. Le roi regarda vers la scène et dit à haute voix :
- Continuez !
Les gens se rassirent, et l’opéra reprit, tous étaient intrigués, on disait déjà que le roi allait rejoindre la belle comtesse de Buda. Le roi embrassa la reine et fit un sourire à ses enfants, il chuchota à l’oreille de la princesse Armande :
- Regardez bien la fin mon ange, c’est vous qui devrez me la raconter. La jeune princesse acquiesça d’un sourire.
Une fois dans le couloir, le mousquetaire expliqua la situation au monarque : la révolte du peuple, et ce que le sénéchal avait fait.
- Sire, la maréchaussée doit déjà être à l’œuvre à l’heure où je vous parle.
- Grand Dieu !! encore une révolte !! mais c’est impensable ! je les croyais terminées ! Le roi regarda le valet, qui était resté là. Allez prévenir le ministre de la Guerre, il est dans sa loge. Quand à vous, il se tourna vers le mousquetaire, rappelez monsieur d’Escault au plus vite ! Dites lui de venir à Saint-Séraphin !! Espérons que monsieur de Castelmore est encore en vie !! espérons que lui et ses hommes ont pu tenir !!
Le roi avait décidé, ce soir, de paraitre avec la reine, et de faire comme si cet article n’avait pas été publié. Les courtisans saluaient les monarques, mais le roi entendait leurs chuchotements. Et depuis le balcon royal, le roi voyait les spectateurs penché vers leur voisin afin d’écouter ce qu’il avait à dire sur la « très charmante comtesse de Buda » comme on l’appelait déjà à la cour. Plus que jamais, ici à l’opéra, la cour faisait penser à une ruche, même si, au grand dam du roi, les abeilles de sa ruche n’étaient pas de grandes travailleuses… Toute la famille royale était là : le roi et la reine donc, mais aussi, le victorin, le petit duc d’Auxois, la merveilleuse princesse Armande, monsieur le frère du roi, ainsi que sa femme, et la princesse de Carignac.
La musique commençait enfin à apaiser le roi, lorsqu’un valet survint, il alla droit vers le roi, et lui dit à l’oreille :
- Sire, que Votre Majesté me pardonne d’ainsi La déranger, mais un mousquetaire souhaite La voir.
- Un mousquetaire dites-vous ? le roi paru inquiet. Bien, qu’il entre !
Le mousquetaire entra, et comme le valet, alla droit vers le roi.
- Majesté, je suis au désespoir de vous annoncer que nous n’avons pu arrêter Edgar Tutus…
Le roi ne le laissa pas finir :
- Comment cela ?!? Et pourquoi cela ? ce rendant compte que l’endroit n’était pas propice pour une telle discussion, le roi décida de s’écarter. Venez, sortons !
Une fois le roi levé, la musique se tut, et toute la salle se leva tout en se tournant vers la loge royale. Le roi regarda vers la scène et dit à haute voix :
- Continuez !
Les gens se rassirent, et l’opéra reprit, tous étaient intrigués, on disait déjà que le roi allait rejoindre la belle comtesse de Buda. Le roi embrassa la reine et fit un sourire à ses enfants, il chuchota à l’oreille de la princesse Armande :
- Regardez bien la fin mon ange, c’est vous qui devrez me la raconter. La jeune princesse acquiesça d’un sourire.
Une fois dans le couloir, le mousquetaire expliqua la situation au monarque : la révolte du peuple, et ce que le sénéchal avait fait.
- Sire, la maréchaussée doit déjà être à l’œuvre à l’heure où je vous parle.
- Grand Dieu !! encore une révolte !! mais c’est impensable ! je les croyais terminées ! Le roi regarda le valet, qui était resté là. Allez prévenir le ministre de la Guerre, il est dans sa loge. Quand à vous, il se tourna vers le mousquetaire, rappelez monsieur d’Escault au plus vite ! Dites lui de venir à Saint-Séraphin !! Espérons que monsieur de Castelmore est encore en vie !! espérons que lui et ses hommes ont pu tenir !!

Sa Majesté le Roi- Fondateur

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Re: Aux nouvelles !
Le Sénéchal d'Île de Morvan n'aimait pas l'idée de quitter Rouvray en proie à de tels événements, mais sa volonté devait se taire devant les ordres royaux, il avait toutefois l'intention de faire part au Roi de son souhait de piloter de la capitale directement le retour à la normale. Il donna les dernières consignes à son cabinet et revêtit des habits sombres.
Une voiture banalisée vint le chercher pour rejoindre le Palais royal en toute discrétion, il était préférable que la population ne sache pas que le premier homme de la Sénéchaussée n'était plus dans la ville. Le trajet se déroula sans encombres, la rumeur n'avait pas encore parcouru toute la ville et l'on pouvait penser que cette soirée était ordinaire, mais dans quelques heures ce serait Rouvray entier qui apprendrait l'arrestation ratée de Tutus et la mort d'un jeune homme sous le feu des mousquetaires, alors, peu de choses pourrait arrêter la fureur populaire, il ne restait que ces quelques heures pour prendre les mesures qui s'imposaient.
Le Prince des Aspres traversa rapidement la Cour d'Honneur, un laquais et quelques conseillers vinrent à sa rencontre pour le conduire dans les appartements privés du Roi, il ne savait pas qui serait avec eux et espérait que Sa Majesté avait convié le moins de personnes possibles, il n'était ni nécessaire de propager la nouvelle, ni utile d'avoir de nombreux avis sur une question qui exigeait un arbitrage rapide. Quelques courtisans erraient encore dans les couloirs du Palais, insouciants, mais le Sénéchal ne les remarquait presque pas, tant il était plongé dans de graves considérations ; les événements passés et à venir se mêlaient dans son esprit pour finir par occulter le présent. Enfin, il pénétra dans un salon des appartements du Roi. Il salua simplement Vincent II et dit :
- Votre Majesté, vous m'avez fait appeler ?
Une voiture banalisée vint le chercher pour rejoindre le Palais royal en toute discrétion, il était préférable que la population ne sache pas que le premier homme de la Sénéchaussée n'était plus dans la ville. Le trajet se déroula sans encombres, la rumeur n'avait pas encore parcouru toute la ville et l'on pouvait penser que cette soirée était ordinaire, mais dans quelques heures ce serait Rouvray entier qui apprendrait l'arrestation ratée de Tutus et la mort d'un jeune homme sous le feu des mousquetaires, alors, peu de choses pourrait arrêter la fureur populaire, il ne restait que ces quelques heures pour prendre les mesures qui s'imposaient.
Le Prince des Aspres traversa rapidement la Cour d'Honneur, un laquais et quelques conseillers vinrent à sa rencontre pour le conduire dans les appartements privés du Roi, il ne savait pas qui serait avec eux et espérait que Sa Majesté avait convié le moins de personnes possibles, il n'était ni nécessaire de propager la nouvelle, ni utile d'avoir de nombreux avis sur une question qui exigeait un arbitrage rapide. Quelques courtisans erraient encore dans les couloirs du Palais, insouciants, mais le Sénéchal ne les remarquait presque pas, tant il était plongé dans de graves considérations ; les événements passés et à venir se mêlaient dans son esprit pour finir par occulter le présent. Enfin, il pénétra dans un salon des appartements du Roi. Il salua simplement Vincent II et dit :
- Votre Majesté, vous m'avez fait appeler ?

Louis-Édouard d'Escault- Maître du jeu

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Re: Aux nouvelles !
Le roi attendait depuis un certain temps maintenant l’arrivée du sénéchal d’Île de Morvan. Le roi discutait avec son ministre de la Guerre, ils n’étaient que tous les deux. Le roi n’avait pas souhaité prévenir plus de monde pour le moment, et espérait que l’affaire se calme d’elle-même. A la vue du sénéchal, le roi sembla s’apaiser, il semblait en effet que le prince des Aspres soit devenu l’homme de toutes les situations.
- Ah ! monsieur le sénéchal ! oui oui, je vous ai fait appeler. Un mousquetaire est venu me transmettre la situation, l’échec de l’arrestation du rédacteur en chef de L’Impertinent. C’est fâcheux, fort fâcheux à vrai dire ! J’ai demandé que l’on nous informe régulièrement de l’évolution de la situation. Le mousquetaire en question m’a aussi fait part de vos agissements pour préserver la capitale des débordements. Je suis de votre avis, vous avez bien fait. Monsieur de Richelieu propose l’intervention de l’armée, j’y suis assez hostile, mais il faut ramener une bonne fois pour toute le calme dans Rouvray ! cela devient trop inquiétant. Qu’en pensez-vous, monsieur le sénéchal ?
Le roi attendit la réponse du sénéchal. Vincent II ne se faisait pas d’illusion, contenir une telle révolte relevait du miracle, ou presque. Et tirer sur ses sujets n’était ni plus ni moins qu’un acte immonde aux yeux de Vincent II pour un roi.
- Ah ! monsieur le sénéchal ! oui oui, je vous ai fait appeler. Un mousquetaire est venu me transmettre la situation, l’échec de l’arrestation du rédacteur en chef de L’Impertinent. C’est fâcheux, fort fâcheux à vrai dire ! J’ai demandé que l’on nous informe régulièrement de l’évolution de la situation. Le mousquetaire en question m’a aussi fait part de vos agissements pour préserver la capitale des débordements. Je suis de votre avis, vous avez bien fait. Monsieur de Richelieu propose l’intervention de l’armée, j’y suis assez hostile, mais il faut ramener une bonne fois pour toute le calme dans Rouvray ! cela devient trop inquiétant. Qu’en pensez-vous, monsieur le sénéchal ?
Le roi attendit la réponse du sénéchal. Vincent II ne se faisait pas d’illusion, contenir une telle révolte relevait du miracle, ou presque. Et tirer sur ses sujets n’était ni plus ni moins qu’un acte immonde aux yeux de Vincent II pour un roi.

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Re: Aux nouvelles !
Le Roi savait ce que Louis-Édouard allait répondre, il avait toujours été fermement opposé à l'intervention de l'armée dans les affaires intérieures du Royaume et considérait par surcroit que l'utiliser aujourd'hui serait le témoignage de l'échec de sa politique, non, on ne résoudrait pas ce conflit par les armes, et le Roi l'avait compris, il fallait une fois pour toute accorder au peuple ses justes revendications, jouer la carte de la répression n'était rien d'autre que repousser le problème et dans quelques jours, quelques semaines ou quelques mois, de nouveaux heurts se produiraient. Le changement dans la continuité ; la fermeté dans la conciliation ; voilà ce que le Président du Conseil de Sa Majesté préconisait aujourd'hui.
- Votre Majesté, je reste opposé à l'intervention de l'armée dans ce conflit, comme dans le précédent, je regrette à ce propos l'absence de notre Ministre de l'Intérieur. Il faut bien entendu mobiliser des troupes autour de la capitale, mais les mêler directement au conflit serait la pire des choses. Nous allons découvrir dans les heures qui suivent, quand Rouvray se réveillera, l'ampleur de l'agitation et nous aurons l'occasion de comprendre que le temps de la répression est fini, qu'il s'agit désormais d'accorder un peu de crédit au peuple et de recevoir ses revendications. Votre Majesté, les gendarmes sont à cet instant en train d'évacuer le capitaine des mousquetaires d'un siège illégal, il y a deux réponses possibles : considérer que la transgression de la loi ne tolère aucun ménagement et combattre tenacement le désordre, c'est alors à mon sens s'enfermer dans une terrible escalade ; ou l'on peut s'appliquer à comprendre les raisons de tels événements, structurelles d'abord, car l'ordre social du Royaume ne peut qu'attiser les ressentiments, immédiates ensuite avec la mort regrettable de ce jeune-homme. Le tableau que je dresse est un peu caricatural, mais il faut choisir : combattre ou aménager. Vous savez que je place dans la deuxième catégorie, je crois qu'il est nécessaire de réformer le système. Dans l'immédiat, montrons-nous résolus à mettre un terme aux troubles à l'ordre public, et quand la sérénité sera revenue, posons les bases d'un changement historique. Nous n'avons que trop attendu, nous avons trop reculé, la tournure des États généraux a été catastrophique, ils se sont éteints sans rien de concluant, tout juste avons-nous adopté un texte sur l'administration du territoire. Votre Majesté, le peuple est en crise et cherche désespérément à se faire entendre des Grands, il cherche une attention. Vous l'avez toujours aimé, il vous a toujours aimé, montrez-le lui aujourd'hui. Il veut vous entendre, je crois.
- Votre Majesté, je reste opposé à l'intervention de l'armée dans ce conflit, comme dans le précédent, je regrette à ce propos l'absence de notre Ministre de l'Intérieur. Il faut bien entendu mobiliser des troupes autour de la capitale, mais les mêler directement au conflit serait la pire des choses. Nous allons découvrir dans les heures qui suivent, quand Rouvray se réveillera, l'ampleur de l'agitation et nous aurons l'occasion de comprendre que le temps de la répression est fini, qu'il s'agit désormais d'accorder un peu de crédit au peuple et de recevoir ses revendications. Votre Majesté, les gendarmes sont à cet instant en train d'évacuer le capitaine des mousquetaires d'un siège illégal, il y a deux réponses possibles : considérer que la transgression de la loi ne tolère aucun ménagement et combattre tenacement le désordre, c'est alors à mon sens s'enfermer dans une terrible escalade ; ou l'on peut s'appliquer à comprendre les raisons de tels événements, structurelles d'abord, car l'ordre social du Royaume ne peut qu'attiser les ressentiments, immédiates ensuite avec la mort regrettable de ce jeune-homme. Le tableau que je dresse est un peu caricatural, mais il faut choisir : combattre ou aménager. Vous savez que je place dans la deuxième catégorie, je crois qu'il est nécessaire de réformer le système. Dans l'immédiat, montrons-nous résolus à mettre un terme aux troubles à l'ordre public, et quand la sérénité sera revenue, posons les bases d'un changement historique. Nous n'avons que trop attendu, nous avons trop reculé, la tournure des États généraux a été catastrophique, ils se sont éteints sans rien de concluant, tout juste avons-nous adopté un texte sur l'administration du territoire. Votre Majesté, le peuple est en crise et cherche désespérément à se faire entendre des Grands, il cherche une attention. Vous l'avez toujours aimé, il vous a toujours aimé, montrez-le lui aujourd'hui. Il veut vous entendre, je crois.

Louis-Édouard d'Escault- Maître du jeu

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Re: Aux nouvelles !
Le roi avait une idée de ce que Louis-Édouard d’Escault allait lui répondre, et, en entendant les explications du prince des Aspres, Vincent II compris que ses prédictions étaient parfaitement justes. Le président de son conseil était un homme profondément hostile à l’armée, sous quelque forme que ce soit. Le roi voulait déclencher une guerre avec le Cannarégio et le Maisne, et voilà que la révolte éclatait dans son pays ! Le roi se sentait menacé à vrai dire, rien de bon ne pouvait émerger d’une population insurgée. Non, absolument rien… Le roi voulait éviter tout ceci. Vincent II vouait un amour inconditionnel à son peuple, comme tout bon roi qui se respecte d’ailleurs. La seule perspective d’imaginer l’armée tirant sur la foule le dégoûtait. Il fallait trouver autre chose, et cet autre chose, le monarque en était convaincu – tout comme Louis-Édouard – c’était les réformes.
Les réformes, certainement la seule chose qui pouvait sauver le régime. Le roi voyait planer l’ombre de la grande révolution belondaure sur le Morvan, cela l’insupportait. Les pamphlétaires échauffaient la population en donnant une image terrible du roi. Ces gens disaient que le roi ne voulait pas du changement, ce qui était faux ! Vincent II était très certainement la personne qui voulait le plus réformer l’État en Morvan ! N’oublions pas que le roi fut élevé dans les idées nouvelles de son siècle. Mais, devenu roi, Vincent II avait constaté que le changement n’était pas chose aisée… Il comprit la difficulté de sa tache lors de son couronnement, lorsqu’il jura, devant tous les pairs du royaume, de conserver les institutions du royaume comme son père les lui avait transmis. Ce serment, tous les rois de Morvan l’avaient fait, de sorte que, les institutions restent les mêmes depuis que le premier des Autricum fut monté sur le trône il y a plus d’un millier d’années.
Vincent II avait songé depuis pas mal de temps à quelque chose, pourquoi ne pas laisser la révolution agir ? pourquoi ne pas donner l’illusion au peuple que c’est lui qui commande ? Ainsi, d’une main, le roi utiliserait le peuple comme une arme contre les grands du royaume qui depuis tant d’années empêchaient les réformes, et de l’autre, il utiliserait l’armée comme un bouclier contre cette arme dangereuse qu’est le peuple, si jamais le peuple venait à faire plus que ce que le roi attendait de lui… Aspect intéressant, pensa le roi…
- Vous avez raison, monsieur le sénéchal, nous ne pouvons faire intervenir l’armée contre mon propre peuple !! ces mêmes gens que je soigne lors de la semaine sainte ! ce n’est pas envisageable !! Néanmoins, par mesure de précaution, je vais ordonner que la capitale soit cernée par l’armée ! les réactions des Rouvraïens sont si imprévisibles… Quant aux réformes, vous savez que je suis le premier à les vouloir ! mais j’aurai aimé attendre encore ! l’Auxois s’agite ! la guerre est proche, et voilà qu’une révolte éclate à Rouvray ! sachez que si jamais il y a une guerre, j’irai la faire ! Je ne peux abandonner ce grand projet ! espérons que si la victoire est notre, les festivités calmeront le peuple ! Pensez vous que cette révolte puisse devenir sérieuse, monsieur d’Escault ? vous qui vivez plus souvent à Rouvray qu’à la cour…
Le roi donna volontairement sont avis concernant la guerre… Il ne souhaitait pas être forcé à rappeler des régiments pour saucissonner Rouvray.
Les réformes, certainement la seule chose qui pouvait sauver le régime. Le roi voyait planer l’ombre de la grande révolution belondaure sur le Morvan, cela l’insupportait. Les pamphlétaires échauffaient la population en donnant une image terrible du roi. Ces gens disaient que le roi ne voulait pas du changement, ce qui était faux ! Vincent II était très certainement la personne qui voulait le plus réformer l’État en Morvan ! N’oublions pas que le roi fut élevé dans les idées nouvelles de son siècle. Mais, devenu roi, Vincent II avait constaté que le changement n’était pas chose aisée… Il comprit la difficulté de sa tache lors de son couronnement, lorsqu’il jura, devant tous les pairs du royaume, de conserver les institutions du royaume comme son père les lui avait transmis. Ce serment, tous les rois de Morvan l’avaient fait, de sorte que, les institutions restent les mêmes depuis que le premier des Autricum fut monté sur le trône il y a plus d’un millier d’années.
Vincent II avait songé depuis pas mal de temps à quelque chose, pourquoi ne pas laisser la révolution agir ? pourquoi ne pas donner l’illusion au peuple que c’est lui qui commande ? Ainsi, d’une main, le roi utiliserait le peuple comme une arme contre les grands du royaume qui depuis tant d’années empêchaient les réformes, et de l’autre, il utiliserait l’armée comme un bouclier contre cette arme dangereuse qu’est le peuple, si jamais le peuple venait à faire plus que ce que le roi attendait de lui… Aspect intéressant, pensa le roi…
- Vous avez raison, monsieur le sénéchal, nous ne pouvons faire intervenir l’armée contre mon propre peuple !! ces mêmes gens que je soigne lors de la semaine sainte ! ce n’est pas envisageable !! Néanmoins, par mesure de précaution, je vais ordonner que la capitale soit cernée par l’armée ! les réactions des Rouvraïens sont si imprévisibles… Quant aux réformes, vous savez que je suis le premier à les vouloir ! mais j’aurai aimé attendre encore ! l’Auxois s’agite ! la guerre est proche, et voilà qu’une révolte éclate à Rouvray ! sachez que si jamais il y a une guerre, j’irai la faire ! Je ne peux abandonner ce grand projet ! espérons que si la victoire est notre, les festivités calmeront le peuple ! Pensez vous que cette révolte puisse devenir sérieuse, monsieur d’Escault ? vous qui vivez plus souvent à Rouvray qu’à la cour…
Le roi donna volontairement sont avis concernant la guerre… Il ne souhaitait pas être forcé à rappeler des régiments pour saucissonner Rouvray.

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Re: Aux nouvelles !
Au Palais de Mérillac, on était dépassés par les événements, les jours se passaient et les mauvaises nouvelles s'accumulaient sans que la courte distance entre le Palais Royal et la capitale put changer quoi que ce fut. Les ordres mettaient des heures à rejoindre à leurs destinataires, quand les nouvelles qui les requéraient en avaient mis autant ; on avait donc décidé d'évacuer purement et simplement la capitale de ses forces de l'ordre, pour éviter toute initiative personnelle qui ferait basculer un peu plus encore la situation. On avait déjà l'exemple de quelques officiers ambitieux qui, pour plaire au Roi, s'étaient lancés dans de véritables rafles ! Ces pratiques ne résoudraient en rien les choses, la population était bien trop nombreuse, le temps de la diplomatie avait sans doute sonné.
La stratégie de Louis-Édouard d'Escault était à ce jour très simple, alors que l'Hôtel des Armées étaient en plein siège et que le peuple aurait bientôt des armes, il était selon lui nécessaire que le peuple pense que ce Tutus était à la tête de cette révolte, qu'il en était l'instigateur et le chef de file, cela ne serait pas trop difficile à réaliser, de la sorte, au lieu de devoir négocier avec une foule d'enragés, il suffirait de convaincre le Rédacteur en Chef de l'Impertinent qui pourrait calmer le jeu. Ce matin, la réunion de crise quotidienne était convoquée, Louis-Édouard exposerait au Roi son plan d'action, en glissant par la même occasion quelques réformes institutionnelles qui pourraient appâter Tutus sans modifier radicalement l'ordre de l'État, et tout en assurant la justice chère au président du Conseil du Roi.
On avait au Palais délogé une bonne partie des courtisans de leurs appartements pour y installer un véritable quartier général, où tous les ministères avaient leurs nouveaux sièges, où toutes les directions des services administratifs étaient concentrés, mais surtout où l'État Major avait pris place. Il y avait des hommes en uniformes, des petits fonctionnaires de gris vêtus qui, plongés dans leurs documents, participaient à la vaste valse qui remplaçait le ballet des courtisans infatués. Les parquets étaient invisibles sous la couche de papiers qui s'y amassaient, et la Gouvernance du Palais, peu habituée à une telle ébullition, ne savait que faire ! Les cavaliers pénétraient avec leurs bottes crottées, c'était à peine s'ils n'auraient pas conservé leur monture pour que la nouvelle parvienne plus vite à son destinataire ! C'est au milieu de cette foule compacte que Louis-Édouard d'Escault se fraya un chemin, sans cesse interrompu par les requêtes de tous ceux qui attendaient leurs ordres, pour parvenir à la pièce centrale, un petit salon réaménagé en cellule de crise, où les plus hauts décideurs pouvaient trouver un calme relatif pour réfléchir sereinement aux décisions à prendre. Le Roi travaillait déjà et après un salut conventionnel, Louis-Édouard prit la parole :
- Votre Majesté, vous m'avez demandé lors d'une dernière séance si je pensais que la situation pouvait devenir sérieuse, je voulais attendre d'en savoir u peu plus pour vous répondre, je crois en vérité qu'à cette heure la question ne se pose plus : la situation peut devenir sérieuse, je crois même qu'elle est devenue sérieuse. Vous avez dû apprendre comme moi que cette nuit le peuple avait assiégé l'Hôtel des Armées où sont entreposées quelques milliers d'armes, nous sommes à cet instant sans nouvelle... Se tournant vers le Ministre des Armées qui n'avaient pas encore levé la tête, il dit : Monsieur le Ministre, savez-vous où ils peuvent ensuite trouvé de la poudre ? Car s'ils parviennent à prendre possession de ces armes, il faut absolument leur empêcher d'obtenir de quoi les utiliser !
La stratégie de Louis-Édouard d'Escault était à ce jour très simple, alors que l'Hôtel des Armées étaient en plein siège et que le peuple aurait bientôt des armes, il était selon lui nécessaire que le peuple pense que ce Tutus était à la tête de cette révolte, qu'il en était l'instigateur et le chef de file, cela ne serait pas trop difficile à réaliser, de la sorte, au lieu de devoir négocier avec une foule d'enragés, il suffirait de convaincre le Rédacteur en Chef de l'Impertinent qui pourrait calmer le jeu. Ce matin, la réunion de crise quotidienne était convoquée, Louis-Édouard exposerait au Roi son plan d'action, en glissant par la même occasion quelques réformes institutionnelles qui pourraient appâter Tutus sans modifier radicalement l'ordre de l'État, et tout en assurant la justice chère au président du Conseil du Roi.
On avait au Palais délogé une bonne partie des courtisans de leurs appartements pour y installer un véritable quartier général, où tous les ministères avaient leurs nouveaux sièges, où toutes les directions des services administratifs étaient concentrés, mais surtout où l'État Major avait pris place. Il y avait des hommes en uniformes, des petits fonctionnaires de gris vêtus qui, plongés dans leurs documents, participaient à la vaste valse qui remplaçait le ballet des courtisans infatués. Les parquets étaient invisibles sous la couche de papiers qui s'y amassaient, et la Gouvernance du Palais, peu habituée à une telle ébullition, ne savait que faire ! Les cavaliers pénétraient avec leurs bottes crottées, c'était à peine s'ils n'auraient pas conservé leur monture pour que la nouvelle parvienne plus vite à son destinataire ! C'est au milieu de cette foule compacte que Louis-Édouard d'Escault se fraya un chemin, sans cesse interrompu par les requêtes de tous ceux qui attendaient leurs ordres, pour parvenir à la pièce centrale, un petit salon réaménagé en cellule de crise, où les plus hauts décideurs pouvaient trouver un calme relatif pour réfléchir sereinement aux décisions à prendre. Le Roi travaillait déjà et après un salut conventionnel, Louis-Édouard prit la parole :
- Votre Majesté, vous m'avez demandé lors d'une dernière séance si je pensais que la situation pouvait devenir sérieuse, je voulais attendre d'en savoir u peu plus pour vous répondre, je crois en vérité qu'à cette heure la question ne se pose plus : la situation peut devenir sérieuse, je crois même qu'elle est devenue sérieuse. Vous avez dû apprendre comme moi que cette nuit le peuple avait assiégé l'Hôtel des Armées où sont entreposées quelques milliers d'armes, nous sommes à cet instant sans nouvelle... Se tournant vers le Ministre des Armées qui n'avaient pas encore levé la tête, il dit : Monsieur le Ministre, savez-vous où ils peuvent ensuite trouvé de la poudre ? Car s'ils parviennent à prendre possession de ces armes, il faut absolument leur empêcher d'obtenir de quoi les utiliser !

Louis-Édouard d'Escault- Maître du jeu

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Re: Aux nouvelles !
Le Ministre de la Guerre était un homme qui avait toujours eu un bon sens sans pareil, il en venait parfois à faire des conclusions qui abasourdissaient ses interlocuteurs. Le duc de Richelieu regardait le Président, avec toujours cet air de supériorité, il n’aimait pas Louis-Édouard d’Escault, Richelieu savait très bien quel genre de salons le prince des Aspres fréquentait : ceux des aristocrates « réformateurs », c’était l’élite de l’aristocratie qui se réunissait dans leur hôtel de la capitale, des nobles qui avaient acquis assez de fortune pour oublier la personne qui l’avait faite : le Roi ! En somme, des ingrats aux yeux de Hyacinthe, des immondices, qui osaient douter que le Seigneur ait pu créer la terre. Il ne fallait rien céder, ni aux traitres des salons, ni à ceux qui au même instant braillaient dans Rouvray, et crachaient sur les insignes du Roi. Hyacinthe était allé à Rouvray, il avait regardé les révoltés qui hurlaient à la démocratie, la démocratie avait alors pensé le duc de Richelieu !! ces enragés ne savaient même pas ce que c’était !!! Il était manifeste qu’ils n’étaient que des pantins, d’autres tiraient les ficelles, des gens qui dirigeaient et orientaient le peuple. Mais l’ombre restait entière sur ces chefs de la révolte, personne ne s’était encore hissé en meneur aux yeux de tous.
Il fallait agir !! et très vite !! l’inactivité des autorités marquait l’inactivité du Roi en personne et révélait son impuissance face à son propre peuple en furie. Pour Hyacinthe, faire évacuer l’armée était une grossière erreur, le peuple se croyait maintenant tout permis. Le fait que l’hôtel des Armées ait été mis à sac le montrait. Il ne fallait pas perdre la main, et il ne s’agissait pas de tirer sur la foule pour conserver la couronne du Roi, non ! loin de là ! les Morvandois aimaient leur souverain. Il fallait tirer sur la foule pour rétablir la maitrise de la situation, pour ne pas entrainer le peuple vers des dérives trop grandes, il fallait tirer sur le peuple parce qu’il entrait dans un état de barbarie.
- Monsieur le prince, ils peuvent trouver de la poudre un peu partout, plusieurs armureries ont déjà été pillées, et la caserne des mousquetaires de Sa Majesté a déjà été mise à sac, les émeutiers y ont probablement trouvé de la poudre et des balles, mais certainement pas en nombre suffisant. Ce manque pousse le peuple vers une rage qu’il nous sera fort compliqué de retenir. Le meilleur endroit, pour trouver des quantités suffisantes, c’est la Bastide, ils doivent déjà marcher sur la forteresse, j’ai prévenu le gouverneur de ne rien céder.
Le duc se retourna vers le roi :
- Sire, à présent, nous ne pouvons reculer ! évacuer l’armée était une erreur ce me semble, c’était là notre seul chance de modération, monsieur le prince d’Escault sait parfaitement que la situation est critique !! il a fuit la capitale !!! lui qui affectionnait tant Rouvray… Nous devons répondre ! Nous ne pouvons décemment pas laisser Rouvray s’enfoncer dans une telle violence ! Sire !! de grâce !! on a hissé les têtes de gentilshommes au bout de piques !! Il n’y a plus un seul homme respectable dans la capitale. A qui piétine Votre blason Majesté, il ne peut y avoir que la mort pour seule réponse ! Vous êtes, Majesté, notre Maître et Souverain, Souverain-Maître du Morvan : Dieu est Le seul qui puisse Vous juger ! Les brebis qui s’égarent finissent mangées par les loups, rien de bon ne peut ressortir de cette révolte. Je pense, Majesté, que le canon et le sabre sont les seules réponses qu’il faille donner.
Il fallait agir !! et très vite !! l’inactivité des autorités marquait l’inactivité du Roi en personne et révélait son impuissance face à son propre peuple en furie. Pour Hyacinthe, faire évacuer l’armée était une grossière erreur, le peuple se croyait maintenant tout permis. Le fait que l’hôtel des Armées ait été mis à sac le montrait. Il ne fallait pas perdre la main, et il ne s’agissait pas de tirer sur la foule pour conserver la couronne du Roi, non ! loin de là ! les Morvandois aimaient leur souverain. Il fallait tirer sur la foule pour rétablir la maitrise de la situation, pour ne pas entrainer le peuple vers des dérives trop grandes, il fallait tirer sur le peuple parce qu’il entrait dans un état de barbarie.
- Monsieur le prince, ils peuvent trouver de la poudre un peu partout, plusieurs armureries ont déjà été pillées, et la caserne des mousquetaires de Sa Majesté a déjà été mise à sac, les émeutiers y ont probablement trouvé de la poudre et des balles, mais certainement pas en nombre suffisant. Ce manque pousse le peuple vers une rage qu’il nous sera fort compliqué de retenir. Le meilleur endroit, pour trouver des quantités suffisantes, c’est la Bastide, ils doivent déjà marcher sur la forteresse, j’ai prévenu le gouverneur de ne rien céder.
Le duc se retourna vers le roi :
- Sire, à présent, nous ne pouvons reculer ! évacuer l’armée était une erreur ce me semble, c’était là notre seul chance de modération, monsieur le prince d’Escault sait parfaitement que la situation est critique !! il a fuit la capitale !!! lui qui affectionnait tant Rouvray… Nous devons répondre ! Nous ne pouvons décemment pas laisser Rouvray s’enfoncer dans une telle violence ! Sire !! de grâce !! on a hissé les têtes de gentilshommes au bout de piques !! Il n’y a plus un seul homme respectable dans la capitale. A qui piétine Votre blason Majesté, il ne peut y avoir que la mort pour seule réponse ! Vous êtes, Majesté, notre Maître et Souverain, Souverain-Maître du Morvan : Dieu est Le seul qui puisse Vous juger ! Les brebis qui s’égarent finissent mangées par les loups, rien de bon ne peut ressortir de cette révolte. Je pense, Majesté, que le canon et le sabre sont les seules réponses qu’il faille donner.

Hyacinthe du Plessis- Modérateur

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Date d'inscription: 05/12/2009
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Localisation: Hôtel de La Réole ; Rouvray
Charge: Ministre de la Guerre
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